24.10.2009

Molenbeek - Chronique ordinaire d'un racisme anti-belge

racismeanti-blanc.jpgLes policiers les appellent "les irréductibles de la rue Zwaab". Elles ont la trentaine, sont célibataires et habitent depuis un peu plus de cinq ans dans cette petite rue du quartier Maritime à Molenbeek, à l'ombre de Tour et Taxis. Ce sont les dernières Belgo-belges de la rue. Ni les voitures vandalisées, ni les poubelles brûlées, ni même les crachats à la figure ne les ont encore décidées à partir. "On nous a dit que nous dérangions parce qu'on était blanches et qu'on donnait l'impression d'avoir de l'argent. Et puis, quand on assiste à des trafics en tout genre, on appelle la police, alors que les parents des jeunes qui traînent préfèrent, eux, ne pas savoir."
Les "jeunes" en question sont "tous d'origine maghrébine", une "minorité délinquante" qui "veulent être les maîtres du quartier" et se "réapproprient l'espace public" à leur façon. (...)
Jupe interdite
Stéphanie témoigne aussi de ce qu'elle vit au quotidien, quand elle prend le dern,ier métro qui la conduit à Simonis, après avoir travaillé dans un restaurant du centre de Bruxelles. "Nous sommes censés habiter dans un pays où l'on peut circuler librement. Pour moi, ce n'est plus le cas. Les quelques centaines de mètres qui séparent la sortie du métro de mon domicile, je dois les parcourir les yeux baissés, pour éviter de croiser le regard de certains jeunes qui, sinon, m'insultent. Il m'est arrivé de devoir courir pour leur échapper."
Dans les médias ou à l'école, elle entend parler de "tolérance et d'ouverture d'esprit" : "Des professeurs nous chantent la cohésion sociale, mais ils n'habitent pas ces quartiers. Moi, quatre fois par semaine, je dois me changer avant de quitter le restaurant et enfiler un pantalon pour ne pas me faire traiter de pute sur le chemin du retour. C'est insupportable. On ne parvient pas à s'habituer."
Enfants belges frappés dans le métro
Papa de trois enfants, Emmanuel, lui non plus, ne parvient pas à s'habituer. Depuis que son fils est revenu à la maison la tête tuméfiée par les coups. Sa "fête" a eu lieu dans une rame de métro entre les stations Simonis et Belgica. Une demi-douzaine d'adolescents de son âge lui ont demandé un euro. Il n'en avait pas. Personne n'a bougé. Il était quatre heures de l'après-midi. Une autre fois, toujours dans le métro, des "gaillards", comme dit son père, ont tenté de l'extirper de la rame, à la station Osseghem, pour lui "règler son compte". Il s'est accroché à la main courante et a pu continuer sa route. En dehors de ces "incidents", il raconte que, souvent, son fils, quand il traverse certains quartiers de Bruxelles, se fait traiter, une insulte en la circonstance, de "flamand", de "victime" ou de "Joe", en allusion au jeune Bruxellois décédé de plusieurs coups de couteau dans le hall de la gare Centrale, en avril 2006. (...)
Policiers "sous pression"
"Il m'est arrivé récemment, lors d'un contrôle dans le quartier Maritime, de devoir rebrousser chemin, raconte Michel, policier à la zone Bruxelles-Ouest (Molenbeek, Jette, Ganshoren, Berchem). Arrivés au domicile du jeune, nous nous sommes retrouvés, mon collègue et moi, encerclés par des dizaines d'habitants du quartier. On a été obligé de battre en retraite pour éviter que cela ne tourne mal, parce qu'il n'y avait pas de renfort disponible. De source sûre, il y a une volonté de certaines bandes d'empêcher la police de faire son boulot dans ces quartiers."
(...) "Lors du ramadan précédent, détaille Michel, on nous a officiellement demandé de ne pas boire, manger ou fumer en rue."
(...) A l'heure de tomber leur uniforme, les policiers sont aussi la cible de comportements menaçants de la part des petites bandes qui traînent aux alentours du commissariat central. "Il n'est pas rare que des collègues féminines doivent éviter des canettes que des membres de la bande Brunfaut leur lancent à la tête, quand elles rejoignent le parcking après le service."
Constamment "sous pression", les policiers ne bénéficieraient pas toujours du soutien des petits hommes verts, les stewards de rue et autres gardiens de parcs qui patrouillent dans les rues. "L'idée est bonne parce que ce sont des gens du quartier, mais certains (...) sont plus du côté des agresseurs que des victimes." (...)
source : extraits du journal "Le Soir" du 20 octobre 2009

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