L’interdiction votée part les Suisses « révulse » les « démocrates » français…
L’interdiction des minarets, votée dimanche (à 57,5 %) lors d’un référendum en Suisse (voir dans Présent d’hier l’article de Rémi Fontaine : Oui aux clochers, non aux minarets), provoque la réprobation indignée – et aussi l’inquiétude – de la classe politico-médiatique, de l’UMP à l’extrême gauche. Le patron des députés UMP Jean-François Copé condamne fermement le vote suisse qui risque, selon lui, « d’encourager toutes les formes d’amalgames ». Comme par exemple islam et islamisme ? Copé a qualifié lundi soir sur France Info le résultat de ce référendum de « message très dur parce que c’est un message de stigmatisation d’une pratique religieuse ». Et Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, juge sans appel : « La question du minaret a des relents racistes. Mais les coupables sont ceux qui ont demandé l’organisation de ce référendum. » Alors : à bas les démocrates suisses ?
Racisme… Ce fantasme qui taraude la gauche moderne (celle d’avant-guerre et celle des années cinquante et soixante, tout entière axée sur la lutte de classes, s’en préoccupait beaucoup moins) se trouve ainsi ravivé par le référendum suisse sur les minarets. Pour le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), organisation d’inspiration marxiste-léniniste dont l’antiracisme constitue le juteux fonds de commerce, « ce vote est à la fois xénophobe, islamophobe et discriminatoire. Il constitue une humiliation à l’égard des immigrés de confession musulmane (…), présentés comme une menace ». Menace « inexistante » comme chacun sait…
Autre grand « démocrate » d’inspiration également marxiste-léniniste (la démocratie populaire telle que la pratiquaient les maîtres du Goulag soviétique), le Parti communiste français exprime « sa grande préoccupation après le résultat du référendum anti-minarets en Suisse ». Les héritiers du parti le plus stalinien d’Europe, devenus des parangons de vertus démocratiques, estiment que « l’extrême droite populiste, en jouant sur les peurs et le mensonge, a réussi à mobiliser une majorité d’électeurs sur des conceptions xénophobes et islamophobes ». Les Suisses ne souhaitent pourtant pas empêcher les 400 000 mille musulmans qui vivent sur leur sol de pratiquer leur religion, ni d’ailleurs les priver de lieux de culte. Simplement ils ne souhaitent pas que dans un pays de tradition chrétienne, les mosquées que leur gouvernement a généreusement tolérées s’érigent de tours monumentales et triomphalistes, s’affirmant dans le ciel helvétique comme une conquête architecturale et religieuse. Un choc de civilisations bousculant deux mille ans de traditions judéo-chrétiennes… « Les minarets élancés comme un millier de mâts au-dessus des édifices », écrivait Gérard de Nerval. Les Suisses tolèrent les mosquées. Mais ils n’admettent pas qu’elles s’élèvent au-dessus de leurs édifices. Où est le problème ?
Voilà ce qui, en France « révulse » nos médias pro-immigrés et notre classe politique droit-de-l’hommiste : la gauche bien sûr, mais aussi la droite, idéologiquement asservie. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner s’est dit « scandalisé » par ce qu’il estime être « une expression d’intolérance. (…) Si l’on ne veut pas construire de minarets cela veut dire qu’on opprime une religion ». Le porte-parole adjoint de l’UMP, Dominique Paillé, se place un peu en retrait de l’indignation du microcosme. Paillé « n’est pas sûr » de la nécessité de construire des minarets en France. Il s’interroge même sur leur irruption au milieu des clochers de nos églises, qui sont eux, « d’héritage historique ». Un héritage que de nouveaux arrivants voudraient en quelque sorte remplacer par le leur ?
Quand le PS dit non à la « démocratie participative »
Le PS, qui veut déjà régulariser tous les clandestins, ne voit aucun inconvénient à ce que des mosquées surmontées de minarets poussent chez nous comme champignons après la pluie. Au contraire. Il est même prêt, pour aider leur éclosion, à les arroser de subventions. Son porte-parole, Benoît Hamon, juge donc la « décision du peuple suisse inquiétante ». Tiens donc : la démocratie participative chère à Ségolène Royal n’est donc plus de mise au PS ? Ou seulement quand elle touche les questions d’identité nationale, domaine où pourtant elle se justifie le plus.
Les musulmans français, ou vivant en France, se disent « extrêmement choqués » par le choix des Suisses d’interdire la construction de minarets et crient à la stigmatisation de leur religion. « Il est important pour nous de signaler les lieux de culte musulman. » Au sein de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), l’imam de Bordeaux est l’un des rares à tenir un discours modérateur. Il rappelle, désavouant au passage le lugubre Kouchner : « Le minaret n’est pas une obligation coranique. C’est une architecture traditionnelle pour appeler à la prière dans les pays musulmans. Il n’est absolument pas nécessaire en France. Il est même déplacé. » Mais il ajoute aussitôt : « Dans le climat actuel, le minaret est perçu comme un défi. Pour éviter de réveiller les peurs et les intégrismes, je milite pour une présence discrète de l’islam. » Sa modération est donc avant tout stratégique. Notre imam bordelais estime simplement que le moment n’est pas opportun. Pour les minarets « s’élançant comme un millier de mâts au-dessus des édifices », il faut attendre encore un peu.
Marine Le Pen réclame un référendum national
Le Front national est le seul grand parti à approuver en France le vote des nos amis Suisses et à les en féliciter. Sa vice-présidente, Marine Le Pen, réclame chez nous l’organisation « d’un référendum national sur l’immigration et le communautarisme. Il faut poser la question de savoir si la Constitution doit reconnaître les communautés, si nous devons continuer à accepter les signes ostensibles d’une religion. » D’une religion étrangère à notre civilisation et à ses racines chrétiennes. Autant de questions qui rentrent dans le débat sur l’immigration et l’identité nationale voulu par Nicolas Sarkozy. Le moment où jamais de donner à ce débat factice un vrai contenu.
Marine Le Pen, saisissant pour ainsi dire la balle au bond, appelle désormais du haut de ce minaret litigieux les Français nationaux à se ressaisir. Ce n’était certainement pas le muezzin qu’attendaient les musulmans et les dévots transis du politiquement correct.
JEAN COCHET (journal PRESENT)